Un blog dédié à la culture, au patrimoine et au devoir de mémoire de la Pointe de Caux. Découvertes locales, artistes ,lieux emblématiques...
11 Février 2026
Du 6 au 8 février 2026, le Palais des Régates à Sainte-Adresse s’est transformé en écrin contemporain pour accueillir l’univers singulier de S. Kristol. Une exposition lumineuse, immersive, où sculptures et tableaux dialoguaient avec l’architecture du lieu et le regard des visiteurs.
Autodidacte né en 1988 au Mans, S. Kristol façonne depuis plusieurs années un alter ego artistique : Paschat. Une figure hybride inspirée du tigre, symbole de puissance et d’élégance, qu’il humanise pour mieux interroger notre époque.
Sous les couleurs vives, les graffitis, les matières brillantes et les mises en scène presque cinématographiques, les thèmes sont profonds : inégalités, écologie, respect, fractures sociales.
L’artiste ne cherche pas à dénoncer brutalement. Il choisit l’esthétique comme vecteur. La beauté attire. Le message s’installe ensuite.
Le Palais des Régates offrait un cadre idéal. Les grandes baies vitrées laissaient entrer la lumière naturelle, créant des contrastes saisissants avec les œuvres aux teintes saturées.
Les sculptures trônaient sur leurs socles blancs, presque vivantes. Les grands formats encadraient l’espace comme des fenêtres ouvertes sur des univers parallèles.
Ce qui m’a frappée, ce sont les visiteurs. On les voit s’approcher, se pencher, prendre le temps. Certains s’accroupissent pour capter un détail. D’autres restent immobiles devant une toile monumentale.
L’exposition devenait un dialogue silencieux.
Parmi toutes les œuvres présentées, une m’a particulièrement touchée : celle du tigre et de l’ourson.
Loin des postures plus fermées ou introspectives que l’on retrouve parfois dans d’autres pièces, celle-ci dégage une douceur presque protectrice. Les deux figures, côte à côte, semblent partager un moment suspendu.
On y perçoit moins la revendication que la tendresse. Moins la tension que la complicité.
C’est sans doute cette dualité qui fait la richesse du travail de S. Kristol : la force et la fragilité cohabitent. Le regard puissant du tigre n’efface pas la délicatesse du geste.
Au-delà de la technique, du travail minutieux de la résine et des compositions 3D, ce qui reste, c’est la question posée au visiteur.
Comment rendre l’équité à tous ?
Comment concilier beauté et conscience ?
On ressort de cette exposition séduit par les couleurs… mais surtout interpellé.
Et peut-être est-ce là la plus belle réussite de l’artiste : nous faire réfléchir sans jamais nous enfermer.
Texte et photos : Muriel Roy – Culture & Patrimoine en Pointe de Caux