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31 Octobre 2025
C’est dans un écrin de verdure que l’église Saint-Clair, située dans le hameau de Saint-Barthélemy, à Octeville-sur-Mer, se dévoile.
Cette église, qui a des allures de chapelle des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, mêle brique et bois. Elle possède un porche en bois et un clocher habillé d’ardoise.
Elle recèle aussi quelques trésors inestimables. Passé le porche, on découvre un grand retable surmonté d’une peinture, d’un Christ et de deux statues polychromes du XVIIᵉ siècle : Saint Barthélémy et Saint Clair.
Du même siècle, la petite chapelle de la Vierge abrite un magnifique retable dont le centre est occupé par une Vierge en bois doré, entourée d’angelots la couronnant.
Fait curieux : l’église de Saint-Barthélemy n’est pas placée sous l’invocation de ce saint, mais sous celle de Saint Clair. Les textes les plus anciens mentionnent pourtant une église Saint-Barthélemy. Ce n’est qu’à partir du XVIᵉ siècle qu’elle est placée sous le patronage de Saint Clair.
Il est possible que ce dernier ait d’abord été le second patron de la paroisse, avant d’en devenir le principal lorsque l’abbaye de Montivilliers cessa d’y présenter exclusivement à la cure.
Il y a des lieux qui vous trouvent quand vous en avez le plus besoin.
Celui-ci m’a rappelé que même les pierres savent encore battre.
Je passais devant elle depuis des années, sans vraiment la voir.
Une simple petite église posée au creux du hameau, silencieuse et discrète, comme tant d’autres, perdue entre ciel et champs.
Et puis un jour, sans raison apparente, quelque chose — ou quelqu’un — m’y a poussée.
J’ai avancé lentement, et j’ai posé mes mains sur ses pierres.
Elles étaient tièdes, vivantes.
Elles battaient.
Sous mes doigts, j’ai senti le rythme ancien de la terre, comme un cœur qui n’avait jamais cessé de battre.
Alors, un poids s’est envolé de ma poitrine.
Le silence a pris la place des larmes, et la paix m’a doucement reprise dans ses bras.
Je suis restée là, immobile, à écouter les murmures d’un lieu qui se souvenait encore de moi.
Depuis ce jour, je sais où reviennent les âmes fatiguées : là où les pierres ont appris à battre pour deux.